20/05/2008

la cause amazigh

Martin Luther King avait un rêve. Jugurtha avait un rêve et un devoir. Il n'a pas pu réaliser son rêve, ni accomplir son devoir. Ses descendants, qu'ils parlent sa langue ou pas aujourd'hui, ils ont tous et toutes le devoir de le faire. Personne ne le fera à leur place.




La cause du peuple amazigh dans toute l'Afrique du Nord continue à patauger et à subir toutes les politiques d'assimilation. Elle est réduite au folklore le plus malsain , à tyrannie la plus cruelle , à l'indifférence la plus inexplicable . Qui en est responsable? La réponse facile et rituelle ...
il arrive un moment où le Berbère doit se regarder dans un miroir et se dire certaines vérités. Celles-ci lui feraient certainement très mal mais il doit les affronter s'il veut aller de l'avant et réhabiliter l'héritage que ses ancêtres avaient chéri pendant des millénaires contre vents et marrés.




28 ans après le printemps berbère de 80, Tamazight n'a pas encore son statut officiel dans la constitution . 28 ans après le printemps de 80, tamazgha n'a pas encore de chaîne de télévision d'expression amazighe. 28 ans après le printemps de 80, l'enseignement de Tamazight est encore optionnel et le statut de l'enseignant de tamazight est encore précaire voire folklorique. 28 ans après le printemps de 80, des millions de Berbères algériens attendent encore qu'une poignée de personnes se sacrifient encore leur jeunesse et leur vie pour arracher d'autres acquis. Et eux, que font-ils entre-temps? Leur arrive-t-il de se sentir interpelés par cette cause qui est censée être la leur aussi? Leur arrive-t-il de se questionner sur leur apport et leur contribution à cette cause et à cette culture ?

Les réponses à ces questions seraient multiples et relatives à la situation de tout un chacun.


La première catégorie qui est La classe politique berbère, loin d'être homogène dans ses perspectives, a elle aussi commis des erreurs. Elle a même relégué tamazight au dernier plan pour pouvoir concrétiser d'abord son objectif partisan.Ce jeu politicien et machiavélique a non seulement nui à Tamazight mais au processus démocratique . Un leader politique qui s'éloigne des aspirations de son peuple ou qui ajuste sa ligne politique au gré des conjonctures tracées dans la plupart du temps par le pouvoir ne pourrait obtenir gain de cause à long terme. Il suffit de revisiter les combats des celebre leader( Luther King , de Nelson Mandela, de Gandhi, pour se rendre compte qu'un idéal a besoin d'une ligne conductrice stable, cohérente et constante, en plus des sacrifices suprêmes.

La deuxième catégorie, quant elle, serait persuadée que Tamazight ne donne pas à manger. Alors, elle se rive vers d'autres langues et cultures pour s'assurer un statut social et matériel confortable. Cette population est passive, donc, responsable d'une partie des échecs des tentatives de réhabilitation de Tamazight. Car, ce qui différencie les humains des autres êtres vivants est surtout l'esprit et la conscience. Ces personnes se font vraiment croire qu'elles peuvent vivre et ne pas se sentir concernées par le sort de leur communauté. Ce qui serait une grave erreur envers elles-mêmes, envers l'histoire et surtout envers leurs propres enfants. Des enfants qu'elles élèvent dans un déracinement total.

La troisième catégorie aurait opté pour la voie radicale, est hantée par le fait de travailler sans cesse pour devenir l'Autre et lui plaire au lieu d'entretenir ce qu'elle est d'abord et pourquoi pas vivre en harmonie dans et avec la différence ensuite. Cet état relève d'un cas pathologique. Le cas de Michael Jakson est plus que révélateur, Au lieu d'être l'exemple de succès pour la communauté afro-américaine, il est devenu l'antithèse du combat de Luther King.

Et enfin, Il y a cette dernière catégorie solitaire qui continue à travailler dans l'ombre pour produire loin des feux de la rampe. Cette tranche noble de la population berbère, comme elle a compris que la communauté du destin fait défaut aux siens,
ils ont écrit des livres, réalisé des recherches linguistiques, réalisé des films, adapté ou écrit des pièces de théâtre, conçu des sites rassembleurs pour mettre en évidence les talents des créateurs, créé des ateliers pour éduquer la relève. Cependant, tous ces efforts ne sont pas suffisants si tous les Berbères ne s'y impliquent pas.

Donc, Il est temps pour chaque berbère de cesser d'étouffer la voix qui l'interpelle pour assurer le bien-être et l'épanouissement de son identité d'abord et de contribuer à l'édification d'une société humaine équilibrée ensuite. C'est notre devoir à tous et à toutes de retrousser les manches pour servir ce que nous sommes et ce, loin de toutes formes de violence ou du rejet de l'Autre. Et l'étoile de Jugurtha ne fera qu'illuminer cette terre nord-africaine que nos ancêtres avaient tellement chérie. Encore, faut-il la trouver et la montrer à nos enfants !

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