24/07/2008

petit conte a méditer


Les deux malades
Deux hommes sérieusement malades, occupaient la même chambre d'hôpital. Tous deux devaient rester alités, mais l'un des deux avait l'autorisation de se redresser dans son lit, pendant une heure, chaque après-midi, tandis que son compagnon d'infortune devait rester couché.
Le lit du premier homme étant situé juste à côté de la fenêtre, il profitait du laps de temps ou il pouvait s'assoir pour regarder au dehors et décrire à son ami tout ce qui se passait à l'extérieur.
La chambre donnait sur un parc avec un magnifique lac. Les canards et les cygnes jouaient sur l'eau, tandis que les enfants faisaient naviguer leurs bâteaux miniatures. Les jeunes amoureux marchaient bras dessus, bras dessous. Tout cela était beau et bucolique. Pendant une heure, l'homme assis décrivait tout à son compagnon, avec force détails.
Ce moment embellissait la journée. Les deux hommes en profitaient pour se raconter leurs souvenirs, évoquer les enfants et leur famille... Pendant ce temps; tous les deux oubliaient leur maladie et cela mettait un peu de douceur dans leur malheur.

Au fur et à mesure des semaines, ce rendez-vous de l'apres midi devint une forme de récompense qui égayait leur vie quotidienne. Quand l'heure arrivait, la féerie narrative recommençait. L'homme décrivait les fleurs, les arbres, en essayant de deviner leur variété, les enfants qui jouaient dans le bac à sable, la vue sur la ville au loin. En écoutant ces détails, l'autre fermait les yeux de bonheur en imaginant ces scènes belles et pittoresques.
La vie s'écoulait ainsi. Mais un matin, l'infirmière entra dans la chambre et découvrit que l'homme près de la fenêtre s'était éteint dans son sommeil. Attristée, elle se fit aider pour enlever le corps, sous les yeux de son voisin, qui pleura la disparition de son ami.
Lorsqu'il sentit le moment propice,il demanda s'il pouvait être placé dans le lit à côté de la fenêtre. L'infirmière fut heureuse de lui faire ce plaisir et, après s'être assurée qu'il était confortablement installé, le laissa seul.
Lentement, il se hissa sur un coude pour jeter un premier coup d'oeil à l'extérieur. Il aurait enfin la joie de voir par lui-même tout ce que son compagnon savait si bien lui décrire...Mais tout ce qu'il vit fut un mur !
Pourquoi son compagnon disparu lui avait-t'il décrit tant de merveilles alors qu'il n'y avait rien ? demanda-t-il à l'infirmière.
"Sans doute pour vous donner du courage, répondit cette dernière en souriant, car vous ne le saviez peut être pas, mais il était aveugle."

La morale de cette histoire est qu'il y a un bonheur immense à rendre les autres heureux, en dépit de ses propres soucis. Et que si la peine partagée divise par deux la douleur, alors la joie partagée est double.
Si vous voulez vous sentir riche, vous n’avez qu’à compter parmi toutes les choses que vous possédez, celles que l’argent ne peut acheter. Aujourd’hui est un cadeau, c’est pourquoi on l’appelle : présent.


12/07/2008

l'arganier

L’ARGANIER Un arbre miraculeux


Promenades en voitures ou randonnées permettent d’accéder à des terres recouvertes d’arganiers, ces arbres miraculeux qui semblent tenir de ces ascètes qui ne craignent pas les terres arides, ne fuient pas l’épreuve et adaptent leur corps à leur environnement. L’arganier pousse sur une terre de rocaille, à l’orée du désert. Unique dans son genre il ne pousse qu’au maroc. Présent depuis l’ère tertiaire, l’arganier assure la fertilité des terres. Toute une population vit de cet arbre épineux, toujours vert, qui possède un feuillage touffu et dont la forme et la grosseur des fruits ressemblent à de belles olives de couleur jaune et verdâtre d’abord, puis veinée de rouge à la maturité. Chaque partie de l’arbre a ses usages, il offre un excellent bois de chauffage, sert à la fabrication d’outils. Ses feuilles nourrissent les chèvres et les dromadaires. La forme de l’arganier change selon les conditions du sol et du climat. Une balade de deux ou trois heures en pays de CHIADMA et HAHA nous fait découvrir des arganiers aux formes clémentes qui se déploient et se dressent en hauteur. En bordure des côtes, là où le vent se fait plus rude, ou dans les montages où l’eau se fait plus rare, l’arganier est un arbre au tronc tortueux et gris. L’arganier s’adapte. Il peut même donner l’aspect d’un arbre mort pendant les périodes de sécheresse et renaître dès les premières pluies. Cette résistance et cette adaptabilité, l’arganier les doit à ses racines profondes et à une frondaison souterraine dense « ce réseau gigantesque - il atteint en volume cent fois la frondaison de l’arbre- donne à l’arganier les moyens d’affronter les pluies généralement fortes et les vents violents qui sévissent dans ces régions semi-arides à désertiques » L’arganier, qui s’étendait autrefois sur tout le territoire marocain, ne vit aujourd’hui que dans la région d’Essaouira, Taroudant, Tafraout, Sidi Ifni et goulimine. S’il résiste bravement aux conditions climatiques dure, il subit depuis la fin du XIXe siècle les coupes massives des entreprises pour « répondre aux besoins d’expansion des terre agricoles et à la demande des charbons de bois des villes ». La population de ces terres se sert aussi de l’arganier pour se chauffer. L’homme menace quotidiennement son propre environnement. Le défrichement intensif entre Agadir et Essaouira, Agadir et Taroudant au profit des cultures agricoles intensives met en péril la survie de la foret. La disparition des arbres est un des premiers facteurs de la sécheresse. Des personnes ont pris conscience de l’importance de la survie de cet arbre dont on ne cesse de découvrir de nouvelles vertus, alimentaires et cosmétiques et oeuvrent à multiplier l’arganier et à le planter selon des méthodes modernes.
Comment obtenir l’huile d’argane :

L’arganier produit fleurs et fruits,



apres la cueillette, les fruits sont dépulpés pour n’en garder que les noix,










les noyaux sont ensuite concassés à la main, avec des pierres, afin d’en extraire les amandes,










ces dernières sont alors torréfiées







puis broyées dans une meule de pierre pour obtenir une patte épaisse. Cette patte est mélangée à de l’eau un peu tiède et malaxé à la main jusqu'à obtenir une galette que l’on presse pour extraire l'huile d'Argan









Le travail des femmes consiste à enlever la pulpe du fruit, puis de casser la noix pour obtenir l'amandon, qui sera ensuite torréfié sur feu doux avant d'être broyé dans un moulin à bras traditionnel, la pâte ainsi obtenue est malaxée manuellement avec de l'eau tiède, puis pressée entre les mains pour en extraire l'huile au goût de noisette.
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L'ARGANIER selon Mohammed Khaïr-Eddine (poète écrivain amazigh) Arbre magique et vénérable, tes racines forent le roc et scellent avec la terre un pacte irrévocable ; tu es le végétal le plus résistant et sans doute le plus beau. On ne saura jamais ton âge réel ni si tu es issu d’une comète ancienne ; tu recouvres les versants montagneux de ta splendeur incomparable – tu es puissant et capable de surmonter les assauts des chèvres et des criquets qui te dépouillent de tes feuilles pareilles à des paillettes d’émeraude quand le soleil insuffle à ton murmure inaudible l’onde irisée de l’arc-en-ciel : un langage mémorable sourd de tes fibres et de tes branches où le rat-palmiste cueille des noix d’ambre qu’il enfouira pour que tu te perpétues à l’infini, toi qui défies le temps, les intempéries, les canicules et la main de l’homme. Maître incontesté du Sud, on t’appelle Arganier mais nul ne sait ton véritable nom ; peut-être l’oued asséché le sait-il, qui dit au laurier rosé la gravité de ta sombre parure ; la cigale et la tourterelle, indifférentes aux vicissitudes terrestres, chantent ta beauté car tu les soustrais au danger en ta feuillée impénétrable ; Cet hôte qui gîte en tes racines externes, c’est le naja solitaire dont le sifflement aigu module la clarté fugace des songes diurnes. Été comme hiver, ton ombre s’allonge jusqu’au piémont comme pour instruire le mouflon de l’imminence d’une mort brutale : – le chasseur qui t’avait déraciné en masse pour bâtir un palais de rêve où tu avais vécu depuis Noé est tombé du mont frappé d’une vengeance atroce ; – il est écrit que quinconque t’égratigne encourt les foudres telluriques ; mais tu n’es pas toi-même ce dieu vindicatif qui broie les armées dans un éclair intense ; l’espoir pur des vastitudes inconnues t’anime et chaque lettrine du ciel est une étoile brillante qui te conte l’histoire du Chaos crucial. les Anciens te disaient Génie tutélaire, protecteur des hommes et des bêtes ; ils t’aimaient et te vénéraient, ceux-là qui se nourrissaient de cette huile rouge et parfumée que ton amande amère sécrète lorsque l’été culmine au zénith ; aucune tempête ni chergui ne peuvent démanteler ta couronne, arbre plus dur que le granit et l’agate ; jeune ou vieux, tordu ou élancé, tu illumines la rocaille d’une aura que seuls distinguent les anachorètes ; c’est ton essence immatérielle qui frémit au fond du puits et dans la gorge du troglodyte ; ton idiome inscrit dans les grimoires sacrés qui pare le scarabée bleu de l’éclat des gemmes légendaires ; vieil arganier, je te salue du tréfonds d’un monde qui ne connaît de toi que les cosmétiques extraits de ton amande ovale.